« Bonheur, un mot fragile évanescent léger surtout. »
« C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse de sa fatigue de sa fragilité de son intensité de vivre de sa joie. Sans les gestes c'est la pudeur qui disparaît la transparence qui s'installe. »
« Le chagrin brûlure au creux de la poitrine. »
« ... Je me souviens de ce bonheur-désordre sur ta table. »
« En espadrilles on est tout juste assez civilisé pour tutoyer le globe sans l'appréhension rétive du pied nu méfiant sans l'excessive assurance du pied trop bien chaussé. »
« C'est le contraire du vélo la bicyclette. Une silhouette profilée mauve fluo dévale à soixante-dix à l'heure, c'est du vélo. Deux lycéennes côte à côte traversent un pont à Bruges, c'est de la bicyclette. »
« Au cinéma on ne se découvre pas. On sort pour se cacher pour se blottir pour s'enfoncer. »
« Tu ne revivras pas mais il y a ce chemin des mots qui mène un peu plus près de ton sourire. Le souvenir ne te rend pas mais tu sourds quelquefois de cette folie douce de t'écrire avec au bout le son-vertige de ta voix. »
« Ll vaut peut-être mieux écrire des grandes choses sur des petits sujets que des petites choses sur des grands sujets. »
« On a le droit de tout, de jardiner d'écouter la radio de faire l'amour de faire la sieste de lire une bande dessinée avachi dans un fauteuil. Mais la télé la vraie télé c'est mal. »
« Plus on va dans l'infime plus on a de chances de trouver l'universel. »
« C'est assez curieux cette façon qu'on a de se livrer au dentiste abandonné et réticent. »
« Ce qu'il ne faut jamais manquer à la télé c'est ce qui passe quand on rembobine. »
« Le bonheur c'est d'avoir quelqu'un à perdre. »
« Plus on parle d'une chose petite et même minusculissime et plus on touche à l'essentiel. »
« On se surprend à marcher sur le bord du trottoir comme on faisait enfant comme si c'était la marge qui comptait le bord des choses. »
« Elle en parle sans larmes avec au fond des yeux le poids de l'habitude du chagrin. »
« "On pourrait presque..." C'est bon la vie au conditionnel. »
« Parfois on dit, «On aurait presque pu...» Là c'est la phrase triste des adultes qui n'ont gardé en équilibre sur la boîte de Pandore que la nostalgie. »
« «On pourrait presque...» - C'est bon la vie au conditionnel. »