« Il n'est pas étonnant qu'on ait tant d'antipathie pour les gens qui s'estiment trop: c'est qu'il n'y a pas beaucoup de différence entre s'estimer beaucoup soi-même et mépriser beaucoup les autres. »
« Sitôt que les hommes sont en société, ils perdent le sentiment de leur faiblesse; l'égalité qui est entre eux cesse, et l'état de guerre commence. »
« L'effet des richesses d'un pays, c'est de mettre de l'ambition dans tous les cœurs. L'effet de la pauvreté est d'y faire naître le désespoir. La première s'irrite par le travail; l'autre se console par la paresse. »
« A mesure qu'avance la civilisation, la poésie, presque nécessairement, décline. »
« Lorsque la mort a égalisé les fortunes, une pompe funèbre ne devrait pas les différentier. »
« On se fie à un honnête homme, comme on se fie à un banquier riche. »
« Pour écrire bien, il faut sauter les idées intermédiaires, assez pour n'être pas ennuyeux; pas trop, de peur de n'être pas entendu. »
« Paris est aussi grand qu'Ispahan. Les maisons y sont si hautes qu'on jurerait qu'elles ne sont habitées que par des astrologues. »
« Heureux est celui qui n'a jamais connu le goût de la renommée; l'avoir, c'est le purgatoire; le désirer, c'est l'enfer. »
« Les gens qui ont peu d'affaires sont de très grands parleurs: moins on pense, plus on parle. »
« C'est un malheur qu'il y a trop peu d'intervalle entre le temps où l'on est trop jeune, et le temps où l'on est trop vieux. »
« Refuser l'absurde et son compagnon hideux, le mépris. »
« On dit que l'homme est un animal sociable. Sur ce pied-là, il me paraît qu'un Français est plus homme qu'un autre, c'est l'homme par excellence; car il semble être fait uniquement pour la société. »
« Voltaire n'écrira jamais une bonne histoire. Il est comme les moines qui n'écrivent pas pour le sujet qu'ils traitent, mais pour la gloire de leur ordre. Voltaire écrit pour son couvent. »