« ... Il y a des plaisirs d'infidélité et l'infidélité à l'égard d'un auteur est un innocent libertinage. »
« S'exercer à la moquerie, c'est avoir déjà et se conférer la volonté d'impuissance. »
« La culture est une victoire de l'ennui sur l'amour-propre. »
« En choses intellectuelles, il ne faut ni abdication ni triomphe. L'abdication est toujours un peu déprimante et le triomphe est toujours vain. »
« L'art de lire, c'est l'art de penser avec un peu d'aide. »
« Il y a deux éducations: la première que l'on reçoit au lycée, la seconde que l'on se donne à soi-même; la première est indispensable, mais il n'y a que la seconde qui vaille. »
« Lire lentement, c'est le premier principe et qui s'applique absolument à toute lecture. C'est l'art de lire comme en essence. »
« Je relis beaucoup; je crois comprendre beaucoup mieux. C'est une vieillesse qui n'est pas sans charme que celle que l'on consacre à corriger ses vieux contresens. »
« Le lecteur aime celui qui lit et qui lui parle de lectures, et en vient même, par besoin de confidences intellectuelles à faire et à recevoir, à ne pouvoir plus se passer de lui. »
« Un compliment, c'est un peu d'amour et beaucoup d'esprit. »
« La lecture est ainsi faite de ce que nous savons, de ce que nous apprenons et de ce que nous n'apprenons que parce que nous le savions déjà et de ce que nous savons mieux maintenant parce que nous venons de le rapprendre. »
« Un auteur, de nos jours, est un moine qui écrit pour son couvent, isolé dans un petit monde isolé. La littérature est devenue conventuelle. »
« Lire un philosophe, c'est le relire si attentivement qu'on l'analyse. »
« Peu de romans lus avec ivresse à vingt ans plaisent à quarante. C'est un peu pour cela qu'il faut les relire, pour se relire, pour se rendre compte de soi, pour s'analyser, pour se connaître par comparaison et pour savoir ce qu'on a perdu. »